Blog de DoroT

jeudi 31 mai 2007

Comment faire du pastel sec ?

Pour répondre à une question posée lors d'un passage sur ce blog :

J'aimerais avoir ton avis : on m'a demandé récemment par rapport au pastel, si j'estompais ?
Or il se trouve que j'ignore totalement ce que cela signifie. Quel en est le rendu ? Est-il recommandé dans la pratique du pastel si non, quels inconvénients ou avantages ? Peut-être as-tu la réponse.''

Concernant la technique d'estomper le pastel, c'est tout simplement, la façon d'étendre la craie.
1) On l'étend et on fond les couleurs, aux doigts, ce qui semble être le cas de Laure et ma technique personnelle également. Le contact des doigts avec la matière, est agréable.
2) On procède en superpositions de couches colorées, brutes. Pas vraiment de contact avec le support. C'est le bâton qui remplace le doigt.
Les deux façons se valent biensûr. C'est au goût du pastelliste.
Travailler les deux techniques ensemble, sur un même tableau, peut se faire, à condition que cela n'alourdisse pas, ou ne vienne pas perturber l'émotion ressentie par le sujet. Il faut trouver un juste équilibre.
Ci-dessous, le pastel est estompé partout aux doigts, et en dernières touches, j'ai précisé les grains de gros sel, par du pastel blanc Schmincke, pur, sans retouche.


Pastel sec - détail Escargot persillé - DoroT
Estomper le pastel, donne un rendu plus flou, doux, moelleux !


Pastel sec - détail Nu d'Afrique - DoroT
Laisser le pastel à l'état brut, donne un rendu plus façon "croquis", moins 'léché', et à tendance à faire plus suggestif.

Dans les deux cas, être vigilant sur l'inhalation des particules de pastels en suspension. Elle provoque des allergies chez certaines personnes sensibles.


Pastel 50x65 - Bracelets argent Ndebele - DoroT

Comparaison entre les pastels secs GIRAULT, Henri ROCHE, SCHMINCKE, SENNELIER, UNISON COLORS, REMBRANDT, etc...

Je connais les pastels GIRAULT et effectivement, c'est une bonne marque, assez onéreuse. Le magasin ARTS 2000 à Lyon où je me fournissais, les vend. Ils ne sont donc pas réservés exclusivement à la vente par correspondance.

Par contre, j'ai découvert les pastels Henri ROCHE, fabriqués artisanalement, car j'ai eu la chance lors de mon départ de Lyon, de pouvoir récupérer tout un lot de bâtons de cette marque, qu'un pastelliste donnait.

Personnellement, j'utilise des REMBRANDT, que je considère comme des "bons moyens tendres", qui me servent de base sur le papier émeri (je n'utilise que du Pastelcard). Puis en seconde couche, c'est alors qu'arrivent les pastels les plus lumineux, les plus tendres, SCHMINCKE et SENNELIER. Il ne me semble pas avoir utiliser de meilleurs jusqu'à présent ! on dirait avoir les pigments purs dans les doigts !

Une autre marque, anglaise, UNISON COLORS, n'est pas mal du tout. Je la placerai entre REMBRANDTet SCHMINCKE.

Il me semble, pour conclure, qu'il s'agit simplement d'un effet de "snobisme". Ils sont en effet très chers (GIRAULT), mais leurs concurrents sont tout aussi intéressants.

Et comme ils sont riches en pigments, je fais partie des adeptes du "non fixatif" en fin de travail. Celui-ci ternit les couleurs, et donc je laisse ainsi le pastel, protégé dans un encadrement adapté.

D.

mercredi 9 mai 2007

Comment peindre l'herbe à l'aquarelle ?

Pour répondre à la question de Marco, comment peindre un champ d'herbe, je vais tenter à l'aide de quelques exemples, et quelques commentaires, tenter de vous aider...


John Lidzey - Arbres et Champs à Wortham (détail)

Papier très lisse, grain fin, limite bristol. Ormis le 3ème plan, ce qui nous intéresse est le 1er et 2ème plans. Le champ jaune est fait à l'aide d'auréolin, jaune citron, un peu d'ocre. Pinceau chargé en eau, peu de peinture, en longs balayages, jusque sur le devant. Puis après séchage, à l'aide d'un pinceau plus rond et pointu, le 1er plan est fait. On tient le pinceau presque couché, parallèle à la feuille et on pose doucement les poils chargés de couleur, la pointe dirigée vers le haut.
Couleurs : sépia, Terre Sienne Brûlée, outremer et Gris de Payne. C'est l'outremer qui crée le vert avec le jaune de dessous.
Le peintre a d'abord posé les couleurs les plus claires pour pouvoir ensuite accentuer les ombres, avec les plus foncées. Il faut toujours tenter de capter le regard vers une zone particulière du tableau. Dans cette aquarelle, le champ jaune est d'autant plus lumineux qu'il est bordé d'éléments sombres et bleutés..


Marie-Paule ROC - aquarelliste grenobloise - Villard de Lans, détail

Je ne peux qu'aimer ce style d'aquarelle (entre autres, il est vrai !) puisque c'est avec Marie-Paule que j'ai appris l'aquarelle, seule technique apprise avec un peintre. Je suis autodidacte sur toutes les autres techniques.
Dans ce détail, les couleurs sont toutes, douces. Le champ de fond, est constitué de plaques de jaune de cadmium moyen, vert de vessie ; façon très diluée. Pinceau PetitGris Raphaël. Les piquets, sont réservés au drawing-gum, pour être tranquille. Puis elle a peint les fleurs du bout du pinceau, en aspect plus réaliste que le précédent modèle.


Stan Perrot - Ferme à Richmond (détail)

Alternance de verts foncés et verts clairs, hasardeux, qui guident le regard vers cette masse plus vert foncé. On aura pris soin auparavant de réserver les petites fleurs blanches au drawing-gum. Quelques éclaboussures, et des touches au pinceau sec, marquent les herbes sans forcément "les voir"..


DoroT - aquarelle vers Autrans (Vercors)

L'herbe n'étant pas le sujet principal, l'intérêt est centré vers la maison. J'ai traité le paysage comme si on le voyait de loin, afin de ne pas être précise dans les détails du premier plan. Donc, devant on voit un champ vert avec des nuances. Papier mouillé - pinceau mouillé. Le gris de Payne est dominant, ainsi que le vert de vessie. Un peu d'ocre, dilué.
Les petits piquets ont été réservés au drawing-gum. Puis après que le champ soit terminé, j'efface le drawing-gum et je peins avec un pinceau pointu, l'intérieur des piquets. J'ajoute même du fil barbelé cassé. Ca fait plus vrai !!

Conclusion :

Il y a plein de manières d'aborder l'aquarelle de l'herbe, des champs, etc.. j'espère vous avoir aidé un peu, suffit de prendre de l'eau, un bon pinceau, les couleurs adéquates, et surtout avoir construit le sujet déjà dans sa tête. A l'aquarelle, c'est ainsi. Cela se fait machinalement, quand on pratique régulièrement.
Anticiper, et surtout pas de mystère à l'aquarelle : c'est en pratiquant des "gammes comme en musique", que l'on progresse ! voilà !!

A bientôt
DoroT